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Internet bouleverse le marketing politique PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Charles Bricman   
Mercredi, 08 Avril 2009 10:09

Jeudi passé, j’ai eu le plaisir d’intervenir dans plusieurs ateliers des 9es Rencontres wallonnes de l’internet citoyen (Rewics), à Charleroi. Il y avait du monde. J’y ai parlé de la crise de la presse, confrontée au défi de la Toile, et aussi de l’influence de celle-ci sur la politique. Même par ici, commence à percoler l’idée que le Net n’a pas été pour rien dans l’élection d’Obama, qui s’en est servi comme un chef pour mobiliser ses électeurs et s’en sert encore pour gouverner. Comme avant lui Roosevelt l’avait fait de la TSF et Kennedy de la télé.


A soixante jours des élections régionales et européennes, c’est donc le branle-bas. Le plus souvent sans voir que dans une large mesure, il est déjà beaucoup trop tard pour lancer un blog ou pour se dessiner un profil avantageux sur Facebook. Qu’il est seulement déjà plus que temps d’entreprendre ces démarches pour les législatives de 2011. Ou pour dans cinq ans… Au moins l’effort ne sera-t-il pas perdu, si les nouveaux blogs et profils ne ferment pas le 8 juin.

Elle serpente encore beaucoup plus haut qu’on ne le croit, la « fracture numérique ». Et en fin de compte, elle est moins technologique que comportementale. Dans les journaux aussi d’ailleurs. Car ce qu’internet est occupé à bouleverser, ce n’est pas tellement l’arsenal des moyens de communication. C’est la communication elle-même.

Jusqu’ici, dans ses rapports avec l’électeur, le politicien – comme le journaliste avec ses lecteurs – opérait sur le mode du discours. Il avait un message à faire passer. Internet le prive de son auditoire assis mais le confronte avec une gigantesque conversation qui échappe à tout contrôle. Un blog est moins un media qui suit sa ligne éditoriale qu’une plate-forme qu’on anime pour que s’y produisent des échanges. C’est assez perturbant, pour un marketer.

Le génie d’Obama et de ses communicants, c’est d’avoir compris tout cela, et d’en avoir tiré les conséquences. Ses discours, il les prononce toujours du haut d’une bonne vieille tribune. Mais il en publie ensuite la vidéo sur YouTube, en prenant bien soin de faire en sorte que tout le monde puisse non seulement la regarder, mais aussi se l’approprier pour la rediffuser à sa façon, avec ses commentaires. Et son message se répand ainsi sur le mode viral, remixé, avec une efficacité redoutable : on fait plus facilement confiance aux recommandations d’un ami – le peer to peer – qu’aux vantardises d’un vendeur en costard.

Et le plus drôle, c’est que c’est encore au niveau local que ça marche le mieux. On ne l’a pas encore bien compris, en Europe. En Belgique non plus. Les élections du 7 juin ne se joueront pas sur la Toile. Celles de 2014, peut-être…

 
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