Je suis aussi sur...
... et, bien entendu, sur

| Ils ne voient pas que le monde a changé |
|
|
|
| Écrit par Charles Bricman |
| Mardi, 03 Mars 2009 19:42 |
|
La rumeur s’est apaisée, après le mauvais vaudeville d’il y a huit jours, autour de l’alliance du mouvement réformateur avec Rudy Aernoudt. Que reste-t-il sur le tapis ? Une démonstration de ce qu’un cartel électoral est le plus souvent à l’avantage du plus petit des deux partenaires. Au-delà des options politiques, il existe en effet un parallélisme troublant entre les démocrates-chrétiens flamands et les libéraux francophones : en juin 2007, les uns comme les autres ont pris le leadership dans leur communauté respective grâce à l’apport de la NV-A pour les uns, du FDF pour les autres. En échange, ils procurent à ces partenaires une « existence » politique supérieure à ce qu’ils représentaient jusque là dans l’électorat. Et ils s’en font volontairement, peu ou prou, les otages. Côté flamand, la question est réglée. Cela ne fera probablement pas que du bien au CD&V dans les urnes. Côté francophone, elle l’est aussi, mais dans l’autre sens. Cela risque bien de coûter au MR d’avoir à rendre au PS sa première place en Communauté française et en région wallonne. Et la réforme de l’Etat de s’en trouver dans une impasse plus fermée que jamais. C’est d’autant plus absurde et dommageable qu’aucune issue durable et raisonnable au conflit qui mine la Belgique et paralyse ses structures depuis près d’un demi-siècle n’est probablement envisageable sans qu’y soient associés, d’une manière ou d’une autre, des radicaux des deux bords. Ce qui suppose qu’ils fassent, les uns et les autres, des concessions dont la nature est connue. Cela leur coûtera quelques voix, celles des « combattants perdus du Pacifique » qui, dans chaque camp, continuent à guerroyer sur des enjeux et des symboles qui intéressent apparemment de moins en moins de citoyens, qui ne sont plus les mêmes que dans les années 60 et 70. Prenez Bruxelles. Ce n’est plus une « ville francophone ». C’est une métropole multiculturelle, archaïquement organisée selon un système bicommunautaire qui ressemble à l’apartheid, sans la séparation des lieux d’aisance. Quand même… Mais avec des pouvoirs concurrents et des potentats hyperlocaux qui se jalousent et chicanent sur la gestion des abribus. C’est une ville-région qui n’a d’autre avenir que symbiotique avec la Flandre et la Wallonie tout uniment, comme la Communauté germanophone, mais dont la majorité politico-linguistique s’obstine à prendre des postures qui ne peuvent que faire obstacle à sa reconnaissance comme entité fédérée à part entière. Alors que ses Flamands sont de plus en plus des Bruxellois néerlandophones, et de moins en moins des « Flamands de Bruxelles ». Tôt ou tard, le réveil sera rude, si la politique s’obstine à ne pas voir que le monde a changé. |
| Mise à jour le Mardi, 03 Mars 2009 19:48 |



